FESTIVAL DE CANNES 2024 : COUP DE PROJECTEUR SUR PAYAL KAPADIA RÉALISATRICE INDIENNE

Très loin du #Metoo cinéma qui se fait gondole lors du Festival de Cannes, Women eLife qui assure son plus profond respect aux réalisatrices et actrices qui oeuvrent au royaume du 7e Art, estime nécessaire de ne pas abuser d’un syndrome susceptible de masquer ce qui fait avant tout l’intérêt des talents et succès féminins.

Sans revenir en détail sur le palmarès de cette 77e édition, rendu samedi dernier, par le jury présidé par l’actrice et réalisatrice américaine Greta Gerwig, et avant d’en venir à ce qui justifie un coup de projecteur, un rappel s’impose.

La Palme d’or a été décernée au film « Anora », de Sean Baker, un conte de fées trivial entre une prostituée et le fils d’un oligarque russe virant à la comédie d’action lancée à toute allure dans les rues de New York.

L’actrice espagnole transgenre Karla Sofia Gascon, a pour sa part reçu le Prix d’interprétation féminine, au même titre que Selena Gomez, Zoe Saldaña et Adriana Paz, ses partenaires dans Emilia Perez, la comédie musicale sur fond de cartels mexicains, de Jacques Audiard, réalisateur français qui est également reparti avec le Prix du jury.

Le Prix d’interprétation masculine ayant quant à lui été remis à l’acteur américain Jesse Plemons pour le film à sketches Kinds of Kindness, du Grec Yorgos Lanthimos.

Il est également important de noter que Mohammad Rasoulof, réalisateur iranien qui avait fui son pays dans des conditions périlleuses pour être présent à Cannes, a remporté le Prix Spécial du meilleur scénario pour « La Graine de la Figue Sacrée ».

Mais, alors que l’Inde est plongée dans une période d’élections législatives de 40 jours et affiche des températures de 48°C, comment ne pas évoquer Payal Kapadia, née à Bombay et âgée de 38 ans, qui est devenue la première cinéaste indienne à remporter le prestigieux Grand Prix du Festival de Cannes pour son film « All We Imagine as Light ».

Après son documentaire : « Une nuit sans savoir » qui fût récompensé de L’Oeil d’or au festival de Cannes 2021, son dernier long-métrage est le premier film indien en 30 ans et le premier réalisé par une réalisatrice indienne à figurer dans la compétition principale.
Le dernier film indien inscrit en compétition était « Swaham » de Shaji N Karun en 1994.

En recevant le Grand Prix des mains de l’actrice américaine Viola Davis, Payal Kapadia a remercié ses actrices principales Kani Kusruti, Divya Prabha et Chhaya Kadam, à ses côtes sur la photo, affirmant que le film n’aurait pas été possible sans elles.
Elle a souligné l’importance de l’amitié et de la solidarité entre les femmes et a exprimé son espoir qu’il ne faille pas encore attendre 30 ans pour qu’un film indien soit reconnu à Cannes.

Le film « All We Imagine as Light » raconte l’histoire de Prabha, une infirmière qui reçoit un cadeau inattendu de son ex-mari, perturbant sa vie. Sa colocataire Anu a du mal à trouver de l’intimité avec son petit ami dans la ville animée. Les deux infirmières finissent par faire un road trip dans une ville balnéaire, où une forêt mystique permet à leurs rêves de prendre vie.

Women eLife, magazine féminin indépendant ouvert sur le monde, ne pouvait se priver d’un écho sur ce genre d’évènement qui confère à l’univers movie un caractère de miroir sociétal qui rend souvent le cinéma plus factuel que fictionnel.

Laisser un commentaire