FACE À LA TRISTE FASHION UNE HEUREUSE INITIATIVE EST PRISE AU CHILI

Slowly but surely, le désert d’Atacama qui est devenu une « zone mondiale de sacrifice » de la fast fashion, nous fait découvrir ses effets dévastateur pour la Terre et la population.

Et la photo de deux mannequins vêtus de vêtements récupérés dans une décharge du désert d’Atacama au Chili, posant parmi des déchets de vêtements, à l’occasion d’une originale fashion week, au mois d’avril, au Chili, illustre et dénonce les différents types de pollution et l’impact sur l’environnement de la Fast fashion.

Car, chaque année, 60 000 tonnes de vêtements usagés sont expédiées au Chili, le troisième importateur mondial de vêtements d’occasion.
Certains de ces vêtements sont revendus sur des marchés en seconde main, mais au moins 39 000 tonnes finissent par être déversées illégalement dans le désert d’Atacama.
De plus, parmi ces vêtements jetés dans le désert d’Atacama à Alto Hospicio, beaucoup n’ont jamais été portés, comme le montrent des étiquettes de prix encore attachées.

Les marques que l’on trouve couramment jonchant le sol incluent Zara, H&M, Calvin Klein, Levi’s, Wrangler, Nike, Adidas…

Selon l’ONU, l’industrie de la mode est l’un des plus grands pollueurs au monde. Elle est responsable d’environ 20 % des eaux usées de la planète et d’environ 10 % des émissions de gaz à effet de serre.

Le problème de ces déchets est notamment lié à leur composition, la plupart d’entre eux étant fabriqués en polyester, un tissu à base de plastique qui met jusqu’à 200 ans à se décomposer.
Or, lorsque ces vêtements sont incinérés, ils dégagent des fumées toxiques, dommageables pour les sols, la couche d’ozone et la santé de la population locale.

On estime qu’en moyenne, chaque consommateur achète 60 % de vêtements de plus qu’il y a 20 ans à l’origine de la création de 92 millions de tonnes de déchets textiles chaque année.

Face à cette gabegie vestimentaire et à ses conséquences délétères sur l’environnement, la biosphère et la santé humaine, l’initiative qui a été prise par deux femmes, mérite amplement un coup de projecteur.

Ángela Astudillo, 27 ans, co-fondatrice de Desierto Vestido, une organisation non gouvernementale qui vise à sensibiliser à l’impact environnemental des déchets, s’est associée à Fashion Revolution Brazil, un mouvement d’activisme de la mode, et à Artplan, une agence de publicité brésilienne. L’objectif a consisté à organiser un défilé de mode au milieu des déchets afin de démontrer ce qu’il est possible de faire à partir des déchets.

Maya Ramos,32 ans, styliste et plasticienne de l’État de São Paulo au Brésil, a ainsi conçu une collection portée par huit mannequins chiliennes lors du défilé d’avril, baptisé Atacama fashion week 2024.

Leur action de sensibilisation ne sera pas sans lendemain. Elle doit faire prendre conscience des conséquences de la surproduction comme de la surconsommation de vêtements.
Elle remet au goût du jour la théorie de Lavoisier :  » Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. »
De quoi justifier une nouvelle Atacama fashion week en 2025.

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