COMMENT LUTTER AU MIEUX CONTRE LES FEMINICIDES ?

Qu’il s’agisse de lutte contre les violences conjugales ou encore les féminicides, les solutions visant à remédier à ces fléaux ne reposent pas exclusivement sur le déblocage de moyens financiers, loin s’en faut.

Le remède ne peut donc se borner au seul déblocage de millions ou encore d’un milliard.

Force est de reconnaître qu’il est plus qu’insupportable de constater dans un pays développé comme la France, des violences conjugales et meurtres commis sur des femmes deviennent pour ainsi dire monnaie courante.

Nous devons donc à juste titre être révoltés d’apprendre qu’une centième femme est dernièrement venue s’ajouter à une déjà trop longue liste de victimes.

Il n’est sans doute pas inutile de préciser que le phénomène odieux en question ne concerne pas que notre pays, les violences domestiques représentant la cause principale de mortalité en Europe pour les femmes entre 16 et 44 ans.

On ne peut non plus se satisfaire d’apprendre à la lecture des statistiques 2015 portant sur les femmes tuées par leur compagnon ou par un membre de leur famille que c’est encore pire chez la plupart de nos voisins européens.

Ainsi, en Suisse, une femme meurt toutes les deux semaines sous les coups de son compagnon ou de son ex.

La situation est encore bien pire au Monténégro, en Lituanie, Lettonie, République tchèque, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Hongrie, Croatie, Finlande, à Malte, mais aussi en Allemagne.
Seules Slovénie, Slovaquie et Italie apparaissent moins exposés à ce type d’exactions encore que.
Quant aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et l’Espagne , ils sont quasiment au même sinistre niveau que la France. Seules la Slovénie et la Slovaquie affichent un moins triste tableau.

En Espagne, la violence de genre est une grande cause nationale depuis 2003.
Ce pays a, entre autres mesures, mis en place 10 000 téléphones grave danger, qui permettent aux femmes de joindre un système d’assistance grâce à une touche spéciale. La France n’en a que 3 000.

Cet état des lieux démontre que les mesures à prendre pour lutter contres les discriminations, violences et féminicides ne relèvent pas que du seul déblocage de moyens financiers, même si personne ne peut nier leur importance.

Le « Grenelle des violences conjugales », qui sera introduit par Édouard Philippe et réunira à Matignon ministres, administrations, associations et familles de victimes, s’ouvrira mardi 3 septembre en écho au numéro 3919.

Comme l’a souligné Marlène Schiappa, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations :
« Cette ligne téléphonique est destinée aux femmes victimes de violences. Elle doit permettre de « construire des mesures encore plus efficaces, au plus près du terrain ».

Qu’on parle d’un Grenelle des violences conjugales ou encore qu’on demande un plan Marshall, il apparaît plus qu’évident que des moyens techniques mais aussi humains doivent être déployés d’urgence.

Car c’est également d’information et d’éducation dont il doit être question. Les actes criminels commis ne pourront à terme trouver remède que par l’inscription dans les programmes scolaires et universitaires d’un chapitre spécialement dédié inscrit dans le cadre de l’instruction civique.

Un apprentissage au respect de la personne humaine, sans distinction d’aucune sorte !

Bien entendu, une telle mesure n’empêchera jamais l’existence d’actes isolés, comme en témoignent entre autres les crimes sur d’innocentes victimes commis par des individus en proie à la folie en pleine rue.

Quoi qu’il en soit, imaginer que la lutte contre les féminicides, fléau dévastateur, ne relève que du déblocage de moyens financiers serait une erreur.
A l’instar de ce qui se pratique en termes de santé publique, c’est de prévention dont il doit aussi être question.

L’éducation comportementale des garçons et filles doit être dispensée dés l’adolescence.
Bien entendu, cette étape indispensable repose sur la mise en œuvre de moyens financiers, mais aussi et surtout de moyens humains et de proximité.

Une piste qui ne saurait minimiser le rôle majeur de la police, de la justice, des associations et services de santé…

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