EN IRAN LES FEMMES PEUVENT DEVENIR LES VÉRITABLES GUIDES DU CHANGEMENT

Après des décennies d’oppression, bien que la peur que les autorités ne déchaînent plus de violence dans une répression de plus en plus brutale, le message que livre aujourd’hui dans le Figaro, Golshifteh Farahani, une actrice iranienne de 39 ans, invite à suivre avec attention ce qu’il se passe en Iran.

La mort de Mahsa Amini, 22 ans, détenue par la police des mœurs iranienne pour avoir prétendument violé les codes vestimentaires islamiques stricts imposés aux femmes, s’est transformée en un ras-le-bol qui se traduit par une mobilisation sans précédent des Iraniens qui remet en question les fondamentaux désuets de la République islamique.

En se déclarant pleine d’admiration pour cette génération de manifestants et plus particulièrement les Iraniennes «belles, féminines et les cheveux dans le vent, qui demandent simplement la liberté», elle se dit à la fois pleine d’espoir et inquiète face aux mouvements de protestation de grande ampleur qui secouent villes et villages dans son pays.

Tout d’abord, en constatant qu’au cours du mois dernier, de grandes foules de personnes d’origine iranienne dans des dizaines de villes, de Londres à Paris en passant par Toronto, se sont rendues chaque week-end pour des rassemblements de solidarité avec les manifestations anti-gouvernementales qui ont éclaté en Iran suite au décès de Mahsa Amini.

Alors qu’était célébrée, le 10 octobre, la Journée mondiale contre la peine de mort, les statistiques publiées par l’ONG « Iran Human Rights » sont consternantes. Elles révèlent en effet une augmentation de 89 % du nombre d’exécutions par rapport à la même période l’année dernière. On estime qu’au moins 428 personnes dont deux mineurs et 12 femmes ont été exécutés au cours des dix premiers mois de 2022.

De plus, la minorité baloutche continue d’être éliminée de manière disproportionnée en Iran.
En 2021, Iran Human Rights a rapporté que 21% des exécutions étaient des minorités baloutches alors qu’elles ne représentaient que 2 à 6% de la population. Au moins 121 citoyens baloutches ont jusqu’à présent été assassinés en 2022, ce qui représente 35 % de toutes les exécutions.

En dépit des manifestations qui ont lieu depuis 43 ans et le début de la Révolution, faisant de très nombreuses victimes civiles, Golshifteh Farahani souligne que la nouvelle génération n’a plus ni peur, ni honte.
Face à cette situation, de nombreux membres de la communauté de la diaspora disent ressentir une unité d’objectif et une affinité sans précédent avec les manifestations.

Tout en reconnaissant que l’exil est un déchirement et en s’excusant de ne pas être parmi les siens en Iran pour prendre part au légitime combat, cette actrice iranienne exilée tient à préciser que si «une grande partie de la jeunesse iranienne est en dehors d’Iran, on est tous ensemble (…) On appartient à l’Iran pour toujours, même si c’est difficile, car eux sont dans la bataille»

Alors que le premier long-métrage de Thibault Segouin « Une comédie romantique», dans lequel elle joue aux côtés d’Alex Lutz, sortira en salles en 16 novembre, son cœur et sa détermination la rendent très proche des femmes iraniennes qu’elle sait pouvoir jouer un rôle de premier plan en vue d’un vrai changement de politique en Iran.

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