LE NOM DE KATALIN KARIKO ACCROCHÉ À l’ARN messager

Le caractère mondial et incontournable des informations brassées quotidiennement au sujet du COVID-19 et de ses variants, permet aujourd’hui à Women e Life d’injecter dans le tissu médiatique une chronique réconfortante à double titre.

Cette dernière apporte en effet la démonstration de l’apport considérable qu’a pu avoir le rapprochement d’une femme déterminée avec la recherche scientifique.

Katalin Kariko, une biochimiste hongroise âgée de 65 ans qui a pris la décision de s’installer en Pennsylvannie aux Etats-Unis pour poursuivre ses travaux de recherche alors qu’elle avait 30 ans, a permis grâce à ses travaux sur l’ARN messager de développer le premier vaccin Pfizer et BioNTech faisant appel à cette technologie innovante.

En réalité son parcours a commencé alors qu’elle n’avait que 23 ans et travaillait au Centre de recherches biologiques de l’université de Szeged, où elle a obtenu son doctorat.
C’est à ce moment là qu’elle a commencé à s’intéresser à l’acide ribonucléique (ARN) messager, des molécules qui donnent aux cellules un mode d’emploi, sous forme de code génétique, afin qu’elles produisent des protéines bienfaisantes pour notre corps.

Sa passion pour les sciences et surtout le fabuleux résultat auquel ses travaux de recherche ont permis de parvenir, ne peut qu’inspirer les femmes qui doutent de l’intérêt de s’orienter dans ces secteurs de pointe où leur présence fait encore défaut.

Bien que pour la première fois en 2020 un duo de femmes (Emmanuelle Charpentier – Jennifer Doudna) ait remporté un Nobel dans le domaine scientifique, force est de constater que dans le monde, seulement 30 % des chercheurs sont des femmes.

En France, les femmes ont beau être de plus en plus nombreuses à s’inscrire à l’université, un grand nombre d’entre elles sont exclues des plus hauts niveaux qui leur permettraient de faire carrière dans la recherche. Il existe pourtant quelques exceptions surprenantes, notamment en Bolivie, où les femmes représentent 63 % des chercheurs,

En dépit des efforts déployés pour briser le plafond de verre, la France reste en dessous de la moyenne européenne concernant la part de femmes dans la recherche en science : 28% contre 33% au sein de l’Union européenne.

Les femmes professeures d’université sont également sous représentées dans le domaine des sciences, de l’ingénierie, des mathématiques et des technologies : elles ne sont que 21,9%.

Une situation regrettable sachant que les carrières professionnelles les plus valorisées socialement et financièrement restent celles des domaines des sciences et des technologies.

Alors bien sûr, il ne règne pas une Katalin Kariko en chaque femme prête à s’investir dans la recherche scientifique.

Quoi qu’il en soit, cette dernière occupe aujourd’hui un poste élevé au sein du laboratoire allemand BioNTech, associé à la firme Pfizer qui produit le vaccin éponyme.
L’humilité dont fait preuve  cette biochimiste à l’origine d’un succès phénoménal en termes de santé publique, ne l’empêche pas de se souvenir avec amertume  de  s’être sentie sous-estimée parce que femme, et qui plus est étrangère.

Si vous cherchez qui pourrait bien recevoir un prix Nobel cette année, vous disposez avec le nom de la découvreuse de l’ARN messager à l’origine d’un vaccin en mesure de sauver le monde d’une bonne information garantie sans virus.

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