UKRAINE LE FÉMINISME EN ORDRE DE BATAILLE

Women e Life ne peut vous dire si les femmes soldats chaussées d’escarpins photographiées lors d’une répétition de la parade militaire qui a été organisée à l’occasion du 30e anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine le 24 août dernier, seront amenées à intervenir alors que des bruits de bottes russes se font entendre sur la zone frontalière.

À l’époque, la publication sur la page Facebook officielle du ministère de la Défense ukrainien de ces images montrant des jeunes femmes, étudiantes d’une faculté militaire, marcher en tenue de camouflage et escarpins noirs à talon moyen, n’avait pas manqué de créer une polémique.

Les forces armées ukrainiennes comptent tout de même plus de 31 000 femmes dont plus de 4 100 officiers.
Et Olena Kondratiouk, vice-présidente du Parlement ukrainien, choquée d’assister à un tel spectacle, avait demandé aux autorités de « s’excuser publiquement pour cette humiliation » des femmes qui « défendent l’indépendance de l’Ukraine armes à la main».
Elle avait tenu à rappeler que plus de 13 500 Ukrainiennes ont combattu contre les séparatistes prorusses dans l’est du pays depuis le déclenchement de ce conflit armé meurtrier.

Toujours est-il que les réactions dénonçant le sexisme et la misogynie s’étaient fait entendre.

On aurait aimé en rester là.

Mais aujourd’hui, le climat de tension que fait régner le déploiement de forces armées russes à la frontière russo-ukrainienne est palpable.
Une situation qui a tout d’abord provoqué l’organisation d’un entretien entre Joe Biden et Vladimir Poutine qui n’a semble-t-il pas donné de résultats spectaculaires, chacun des deux chefs d’État campant sur sa position.

Et lundi à Genève, les émissaires de Washington et Moscou l’Américaine Wendy R. Sherman et Sergeï Riabkov, tous deux vice-ministres des affaires étrangères des deux puissances rivales, ont entamé des pourparlers pour tenter de désamorcer la crise ukrainienne.

Lorsqu’on compare les images des femmes soldats ukrainiennes à celles des militantes de l’association féministe ukrainienne Femen apparues les seins nus dans une cathédrale de Kiev afin de protester contre une proposition de loi visant à interdire les IVG (interruptions volontaires de grossesse) en Ukraine, un pays où les droits des femmes et leur autonomisation restent des sujets tabous, on finit par se poser la question : les femmes sont-elles réellement prêtes à livrer tous les combats ?

C’est là que l’objectif que se fixe Olena Yehorova, fondatrice de son organisation baptisée Rudnystka mérite de figurer en première ligne.
Si cette jeune fille ukrainienne d’une vingtaine d’années, a choisi d’utiliser le nom de cette figure emblématique dans son pays, c’est parce que Milena Rudnystka, une éducatrice, militante, femme politique et écrivaine ukrainienne, a été l’une des voix les plus influentes dans l’entre-deux-guerres du mouvement des femmes galiciennes.

Alors que dans de nombreux pays, les femmes se battent pour plus de liberté, d’autonomie économique et individuelle, plus de pouvoir, plus d’opportunités, plus d’égalité : en Ukraine, pays traditionaliste et conservateur, personne ne parle des conditions des femmes.

C’est ce qui explique que Rudnystka ait pour but de faire prendre conscience aux femmes en Ukraine, qu’en promouvant leurs libertés économiques et individuelles, en diffusant par exemple des success stories de femmes dans le monde entier, elles pourraient s’ouvrir au monde et décrocher de réelles opportunités.

Les Ukrainiennes doivent comprendre que le rôle de la femme ne peut pas se limiter uniquement à mettre des enfants au monde ou à s’occuper d’un foyer en restant complètement dépendantes de leur mari.
Une démarche que Women e Life ne peut que soutenir en s’en faisant l’écho.

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