LE CARACTÈRE GLAÇANT DES FÉMINICIDES À L’AUBE DE LA NOUVELLE ANNÉE

En ce début d’année qui autorise la formulation de vœux, il en est notamment un qui demande à être entendu et largement partagé.

Surtout lorsqu’on constate que l’année 2022 a très mal commencé concernant les actes d’une extrême violence commis sur des femmes.
L’une n’avait que 28 ans, une autre seulement 45 ans et la troisième tout juste 56 ans.
Toutes ont été victimes de féminicide. Autrement dit, elles ont été tuées dans des conditions innommables par leur conjoint ou compagnon.
Alors que les auteurs de ces crimes ont été arrêtés et ont reconnu les faits, chacune de ces sinistres affaires a donné lieu à l’ouverture d’une information judiciaire pour meurtre ou assassinat.

Le collectif #NousToutes a beau organiser régulièrement des manifestations en France pour dénoncer les violences sexistes et sexuelles, le mal persiste.

Les moyens mis en œuvre pour lutter contre ce fléau apparaissent nettement insuffisants.
En dépit de la mobilisation des forces de l’ordre, des magistrats et des acteurs de la santé aux côtés des associations qui s’attachent à défendre et protéger des femmes menacées du pire, la situation ne cesse de se détériorer.

Selon des données datant de septembre 2021, bien qu’on sache que quelque 220.000 femmes sont victimes de violences conjugales, seulement 379 bracelets anti-rapprochement ont été déployés et 1.200 ordonnances de protection délivrées.

En dehors des efforts consacrés à la lutte contre les féminicides, la police comme la justice manquent des moyens suffisants pour mettre un terme aux agissements condamnables d’individus qui font régner la terreur chez leur femme ou compagne, sans parler des conséquences particulièrement délétères pour les enfants qui se trouvent plongés dans une ambiance cataclysmique qui se traduit par des insultes puis des actes qui dépassent l’entendement.

D’où l’impérieuse nécessité de ne pas laisser se banaliser et minimiser les violences sexistes et sexuelles qui portent atteinte à l’intégrité de la personne humaine.

Les chocs provoqués par des crimes odieux doivent impérativement entrainer une prise de conscience de toutes et tous pour que plus jamais ça !

À plusieurs reprises, ces dernières années, Women e Life a abordé le sujet.
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En 2019, suite au Grenelle des violences conjugales piloté par Marlène Schiappa, alors secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes et à la lutte contre les discriminations, Elisabeth Moreno, qui lui a succédé à ce poste dans le gouvernement Castex, n’avait pas hésité à déclarer : « Beaucoup reste à faire dans bien des domaines ».

En 2020, Eric Dupond-Moretti, ministre de la Justice, avait réaffirmé lors de son audition par la Commission des lois à l’Assemblée nationale, être « viscéralement favorable à l’égalité hommes-femmes » et précisé inscrire la lutte contre les violences conjugales parmi ses priorités.

Le 25 novembre 2021 sous le titre « LUTTE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES DES PAROLES AUX ACTES » nous avions évoqué la campagne lancée comme chaque année par l’ONU intitulée : « Oranger le monde : mettre fin dès maintenant à la violence à l’égard des femmes ! »

Cette opération donnait le coup d’envoi de 16 jours d’activisme qui devaient se terminer le 10 décembre 2021, jour de la commémoration de la Journée internationale des droits de l’homme.

Le 19 novembre 2021, une chronique intitulée : « FEMMES VICTIMES DE VIOLENCES RECHERCHENT DÉSESPÉRÉMENT HÉBERGEMENTS ADAPTÉS » avait permis de nous pencher sur le rapport, on ne peut plus explicite, publié par la Fondation des femmes et la Fédération nationale solidarité femmes.
Ce dernier dénonçait le cycle infernal auquel des femmes victimes de violences se trouvent trop souvent confrontées en raison du manque d’hébergements, pièces indispensables pour assurer leur sécurisation et protection.

Il soulignait qu’en dépit des améliorations apportées ces 10 dernières années pour permettre à ces femmes de trouver des refuges adaptés à leurs diverses situations qui ont toutes le même dénominateur commun, le nombre de places d’hébergement de l’ordre de 7 820 demeurait largement insuffisant.
La Fondation des femmes et la Fédération nationale solidarité femmes demandaient aux pouvoirs publics de créer dans les meilleurs délais 15 000 places supplémentaires et que le budget alloué jusqu’ici de l’ordre de 84 millions d’euros soit porté à 229 millions d’euros, l’idéal étant de le multiplier par cinq minimum.

Le rapport appelait également au déploiement de structures de soutien, visant à permettre à nombre de femmes victimes de violences de rebondir au plus vite.

Mais pour conclure, sans doute faut-il retenir ce qu’a déclaré sur France info, Lena Ben Ahmed, membre de #NousToutes, qui dénonce «tout un système qui permet le meurtre puisqu’il a banalisé et minimisé les violences sexistes et sexuelles».
Et c’est à juste titre qu’elle préconise «des formations, de l’éducation, de la prévention dès le plus jeune âge, dans les écoles, les lycées et les collèges». Une action en amont qui permettrait, selon elle, d’éradiquer le problème à la source, bien avant le meurtre.

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