FEMMES EUROPE INNOVATIONS : LE TRIPTYQUE GAGNANT !

Cette première chronique de l’année 2022 n’a pas pour seul objectif de vous souhaiter à toutes et tous, une bonne année.
Car d’Europe, d’innovations et de femmes, il est question.

Plutôt que d’épiloguer sur les vœux d’Emmanuel Macron, qui a provoqué des remous en faisant flotter le seul drapeau européen sous l’Arc de Triomphe, la présidence française de l’Union européenne incarnée par le président de la république française qui a pris effet le 1er janvier pour six mois, permet à Women e Life de porter un regard sur Mariya Gabriel.

Mais pourquoi donc ?
Née à Gotse Delchev, en Bulgarie, il y a 42 ans, le nom de cette jeune femme commissaire européen à l’innovation, à la recherche, à la culture, à l’éducation et à la jeunesse, se doit de figurer en bonne place.
Elle a en effet pour mission de relever un immense défi qui consiste à faire de la science un outil essentiel de l’UE.
Et comme vous allez le constater, Mariya Gabriel compte bien se donner les moyens de son ambition.

Surtout lorsqu’on sait que l’Europe est une puissance mondiale dans le domaine scientifique. Elle représente environ 18 % de la R&D, 20 % des publications scientifiques et des demandes de brevets, et environ 19 % de la communauté mondiale des chercheurs, alors qu’elle compte moins de 7 % de la population mondiale.
Toutefois, les performances de l’Europe ne sont pas aussi positives en termes d’innovation et de création d’entreprises. D’où m’impérieuse nécessité d’adopter des mesures structurelles supplémentaires pour améliorer les performances de l’UE.

Il convient tout d’abord de retenir qu’avec « Horizon Europe », il a été possible d’augmenter considérablement le budget consacré aux activités d’élargissement de la participation, qui dépasse désormais 3 milliards d’euros et représente 3,3 % du budget total d’Horizon Europe, contre 1 % dans Horizon 2020.

Ensuite, l’Institut européen d’innovation et de technologie (IET) a été créé pour favoriser l’innovation en Europe en soutenant les environnements et les écosystèmes d’innovation où les entreprises, les établissements d’enseignement et de recherche unissent leurs forces pour trouver des solutions à des défis spécifiques, de la crise climatique et des énergies renouvelables à l’alimentation et aux modes de vie sains.

L’Institut fait ainsi évoluer l’état d’esprit de l’Europe, afin de la rendre plus innovante et plus entreprenante à travers le soutien des projets et des initiatives du laboratoire au marché, autrement dit en transformant les idées en produits et services, et en aidant les étudiants et la communauté des chercheurs à devenir des entrepreneurs.
Si cette chronique est titrée  » Femmes Europe Innovations », ce n’est pas un hasard.

En dépit des progrès notables enregistrés grâce à des femmes scientifiques remarquables, force est de constater la sous-représentation des femmes dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques.

Et Mariya Gabriel ne manque pas de rappeler que le vaccin contre le covid-19 a été rendu possible par de nombreuses découvertes, dont l’une a été mise au point par la Hongroise Katalin Karikó. Son idée selon laquelle l’ARNm pourrait être utile contre les maladies a été jugée trop radicale et financièrement risquée pour mériter un financement.

Le document SHE Figures 2021 qui rassemble des indicateurs et des statistiques sur l’égalité des sexes dans la recherche et le développement, montre que les femmes sont toujours sous-représentées dans les carrières STEM.

Ces dernières ne représentent que 29 % de l’ensemble des étudiants en ingénierie, fabrication et construction dans l’ensemble de l’UE et uniquement 25 % de l’ensemble des professionnels indépendants dans les professions techniques telles que les sciences, l’ingénierie ou les technologies de l’information et de la communication. Conséquence, leur participation à l’invention est nettement inférieure à celle des hommes, avec seulement 10 % des demandes de brevet déposées.

Face à cette situation, le Conseil européen de l’innovation va veiller à ce qu’au moins 40 % des jeunes entreprises financées soient dirigées par des femmes.

Interrogée sur les initiatives qu’elle compte prendre pour accroître la représentation des femmes dans ces domaines, Mariya Gabriel a du répondant

Tout d’abord, lorsqu’elle souligne que dans le cadre du Conseil européen de l’innovation, elle a lancé cette année l’appel Women Tech EU, qui soutiendra 50 start-ups technologiques dirigées par des femmes avec un budget de 3,8 millions d’euros. L’appel vient d’être clôturé avec 391 offres reçues de 37 pays différents.

Lors du prochain appel, le budget sera porté à 10 millions. Et ce n’est pas tout : le Conseil veillera à ce qu’au moins 40 % des start-ups à financer soient dirigées par des femmes.

Les efforts entrepris depuis 2020 Conseil européen de l’innovation pour féminiser la Fin-Tech, ont permis de faire passer de 8% à 29% le pourcentage d’entreprises dirigées par des femmes qui ont reçu un financement. D’où l’espoir que ce dernier puisse atteindre les 40%, sachant que les talents ne font pas défaut.

Par ailleurs un nouveau critère de sélection exigeant que les organismes de recherche demandant un financement mettent en place un plan viable en matière d’égalité des sexes a été introduit.

Un objectif de représentation de 50% de femmes dans tous les organes décisionnels et évaluateurs d’Horizon Europe a également été fixé.

Un exemple récent est l’organe directeur du Conseil européen de l’innovation, où la parité hommes-femmes et une meilleure représentation des États membres ont été réalisées.

Mariya Gabriel et l’Institut européen d’innovation et de technologie (IET) concentrent désormais leurs efforts sur l’éducation précoce. Dans ce domaine, grâce à l’initiative « Girls Go Circular » de l’IET, 2 300 filles ont été formées dans 329 écoles et 8 pays différents depuis l’année dernière.

Si l’Europe veut être un continent équitable et inclusif, il est important de combler l’écart entre les sexes. L’objectif est de créer un écosystème paneuropéen qui offre à tous, femmes et hommes, ainsi qu’aux différentes régions, l’environnement le plus adapté à leurs besoins pour développer leur avantage concurrentiel en matière de recherche et d’innovation.

Conclusion, l’Europe peut compter sur l’intelligence d’un féminisme d’avant-garde pour relever les innombrables immenses défis à venir.

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