À BORNÉO LES FEMMES PRENNENT LE MAL DU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE À LA RACINE

Dans l’attente du nouveau projet d’accord qui sera signé par les 200 pays représentés lors d’une COP 26 placée cette année sous la présidence britannique, l’objectif visant à limiter « en deçà des 2 °C », voire à 1,5°C, la hausse des températures en 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle, apparaît bel et bien difficile à atteindre.

Il est clair que bien des points de friction et non des moindres subsistent.
En cause la limitation des financements dédiés aux énergies fossiles et à l’abandon définitif du charbon.

Mais d’autres questions brûlantes demeurent en suspens à l’instar de celle consistant à savoir si et comment les pays riches doivent payer les pays pauvres pour les « pertes et dommages » causés par les catastrophes climatiques, ou encore si les marchés mondiaux du carbone doivent être taxés par les pays moins développés pour les aider à financer leur adaptation au changement climatique.

Face aux enjeux planétaires liés au réchauffement climatique, les bonnes intentions exprimées par de nombreux dirigeants pourront-elles se traduire dans les délais requis par des actions réparatrices de grande ampleur ?
Le choix d’investir dans l’éco-responsable et les biens durables, annonce-t-il un changement radical de paradigme en termes de croissance pour les pays développés : quoi qu’il en coûte ?

En attendant d’apporter quelques réponses à ces questions, c’est à Bornéo, la quatrième plus grande île au monde par sa superficie (743 330 km2), située en Asie du Sud-Est, que Women e Life vous entraîne.

C’est sur cette île qui figure parmi les zones du monde les plus riches en biodiversité, et espèces animales et végétales, qu’une équipe féminine de reboisement s’emploie à créer des corridors forestiers le long des rives du Kinabatangan pour relier les parcelles de forêt tropicale créées par le développement des plantations.

La perte d’habitat a entraîné un déclin des populations d’espèces menacées, mais aussi une augmentation des conflits entre l’homme et la faune, ce qui accroît les risques pour les populations locales et les animaux qui vivent dans la région, comme l’éléphant pygmée de Bornéo.

Depuis que le programme de reforestation a été lancé en 2008 sous l’égide de HUTAN, une ONG locale de conservation de la faune et de la forêt, les femmes ont planté et entretenu environ 101 hectares (250 acres) de forêt tropicale, soit l’équivalent d’un tiers de la superficie de Central Park à New York.

En dehors de la plantation d’un grand nombre d’arbres, il faut également assurer la survie des jeunes arbres dans un environnement où ils risquent d’être étouffés par les hautes herbes, les buissons, les fougères et les plantes grimpantes.

Avant que la pandémie de COVID-19 ne frappe la Malaisie et n’interrompe du même coup leurs travaux, les femmes avaient pour objectif de planter 5 000 arbres au cours de l’année.

Alors que les équipes féminines passent au moins les trois quarts de leur temps à entretenir les parcelles, et que leur dévouement a permis de sauver plus de 80 % des arbres, elles comptent bien travailler dur pour rattraper leur retard.

Confrontées à une déforestation qui s’explique également depuis des années en raison de la pression de l’expansion incessante des plantations de palmiers à huile, elles ont fort à faire.

La forêt de Sabah a produit près de deux millions de tonnes d’huile de palme brute au cours des six premiers mois de cette année, soit la plus grande production de tous les États de Malaisie, qui est le deuxième exportateur mondial d’une denrée utilisée dans des produits allant du savon aux détergents et aux glaces.

De plus, l’activité de l’industrie n’a pas seulement entraîné la déforestation : elle provoque aussi la fragmentation des forêts, ce qui a eu pour effet d’entasser et d’isoler la faune et la flore, notamment les orangs-outans de Bornéo, dans des zones de plus en plus petites.

Que des femmes de Bornéo s’investissent sans compter pour sauver des richesses naturelles qui contribuent à la santé de la planète impose un grand respect et une grande admiration.
Vous les excuserez de n’avoir eu ni les moyens ni le temps de se rendre à Glagow pour vous faire partager les fruits de leurs actions de terrain.

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