AU TEXAS LA BATAILLE JURIDIQUE SUR LE DROIT À L’AVORTEMENT SE POURSUIT

Alors qu’en France, la Marche pour la Vie appelle d’ores et déjà via les réseaux sociaux à une mobilisation dimanche 16 janvier 2022 à Paris contre la loi prévoyant l’allongement du délai d’accès à l’avortement de 12 à 14 semaines dont Christophe Castaner a annoncé le prochain examen par l’Assemblée nationale, c’est vers les États-Unis que Women e Life a choisi de braquer son projecteur.
Intéressant dans la mesure où force est de constater que le sujet divise des deux côtés de l’Atlantique.

L’affaire dont il est question au Texas s’inscrit comme une première victoire pour les femmes dans le cadre d’une bataille juridique féroce concernant l’accès à l’avortement aux États-Unis, où de nombreux États appliquent des restrictions.

Bien que Robert Pitman, juge fédéral à Austin, ait temporairement bloqué mercredi l’application d’une interdiction quasi-totale de l’avortement dans cet État Far West, la loi la plus sévère de ce type aux États-Unis, on ne peut pas encore parler réellement de victoire.

L’encre de l’ordonnance de Pitman était à peine sèche que le Texas a informé la Cour de son intention de faire appel de la décision devant la Cour d’appel du cinquième circuit, à tendance conservatrice,

Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, un républicain, a défendu la légalité de la loi sur l’avortement de l’État, son bureau ayant déclaré dans un communiqué : « La liberté la plus précieuse est la vie elle-même ».

Depuis longtemps, les conservateurs américains cherchent à faire annuler l’arrêt Roe v. Wade. Il s’agit de l’un des arrêts de la Cour suprême les plus importants politiquement, divisant les États-Unis entre pro-choice (« pro-choix », pour le droit à l’avortement) et pro-life (« pro-vie », anti-avortement).

Le 1er décembre, la Cour suprême entendra les arguments dans une autre affaire concernant une loi du Mississippi qui interdit les avortements après 15 semaines de grossesse, cet État ayant demandé à la haute cour d’annuler le précédent de 1973.

Pour comprendre ce qui justifie les revendications des pro-choice liées au droit à l’avortement dans au Texas, plusieurs précisions méritent d’être apportées.

Tout d’abord la loi ne prévoit aucune exception pour les grossesses causées par un viol ou un inceste.
De plus, elle permet aux citoyens ordinaires de faire respecter l’interdiction, ces derniers pouvant recevoir une prime d’au moins 10 000 dollars s’ils réussissent à poursuivre en justice toute personne ayant contribué à un avortement après la détection d’une activité cardiaque fœtale.

Alors que le président Joe Biden se montre favorable au droit à l’avortement, Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche, a notamment précisé mercredi dans un communiqué :
« La décision de ce soir est un pas important vers le rétablissement des droits constitutionnels des femmes dans tout l’État du Texas ».
Mais elle a toutefois aussi tenu à ajouter : « Le combat ne fait que commencer, tant au Texas que dans de nombreux États du pays où les droits des femmes sont actuellement attaqués ».

Affaire à suivre aux États-Unis, mais aussi en France notamment. Sujet sensible par excellence, le droit à l’avortement conduit la politique à marcher sur des œufs.

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