MAIA SANDU ÉLUE PRÉSIDENTE DE LA MOLDAVIE

L’élection le 15 novembre de l’ex-Première ministre moldave à la présidence d’un pays d’Europe de l’Est qui compte 3,5 millions d’habitants a, il est vrai, fait moins de bruit que celle de Joe Biden aux Etats-Unis.

Toutefois, le moindre écho donné à l’élection de Maia Sandu qui devient la première femme à prendre la tête de la République de Moldavie dont la surface est de 33 843 km2, ne saurait se limiter à une question d’échelle, et encore moins masquer un authentique succès.

Arrivée en tête du premier tour le 1er novembre 2020 avec 36,16 % des voix, c’est sur le score de 57 % des suffrages qu’elle a battu Igor Dodon, président sortant et candidat de Moscou. Elle devient à 48 ans la première femme à accéder à la présidence de la Moldavie.

Pro-européenne, cette ancienne économiste à la Banque mondiale qui fût ministre de l’Éducation publique dans les gouvernements successifs de Vlad Filat, Iurie Leancă, Chiril Gaburici et Natalia Gherman, apporte la solide démonstration du possible changement de politique.

Sans faire de jeu de mots, on peut affirmer sans détours qu’en créant en 2016 le Parti Action et Solidarité, dont elle est devenue présidente c’est bien un PAS qui lui a permis de remporter le challenge.

En promettant de lutter contre la corruption, endémique dans ce petit pays coincé entre l’Ukraine et la Roumanie, Maia Sandu n’a pas hésité à déclarer : “Aujourd’hui, vous avez le pouvoir de punir ceux qui vous ont volés, qui vous ont réduit à la misère et contraints de quitter votre maison” .

La Moldavie n’est pas épargnée par la pandémie de COVID-19 qui ne fait qu’aggraver la situation économique et sociale d’un pays où 40 % de la population est aujourd’hui établie à l’étranger.

Quel est le programme d’une jeune femme dont la probité personnelle fait l’objet d’un quasi-consensus ?

Sur fond de programme libéral, Maia Sandu entend réformer l’État et le système judiciaire, réduire la corruption à néant, redresser l’économie, résoudre le cas du territoire sécessionniste de Transnistrie, pousser pour l’intégration européenne de son pays et conserver de bonnes relations avec la Russie, le tout sans contrôler ni le Parlement ni le gouvernement.

Bien que la Moldavie bénéficie d’assistance financière de la part du Fonds Monétaire International, de la Banque Mondiale, de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement, de même que d’investissements de la part des structures financières-bancaires internationales et des gouvernements de plusieurs pays : Roumanie, Etats-Unis, Allemagne, Pays Bas, Chine, Japon et d’autres, les défis à relever sont gigantesques.

Avec un revenu moyen de 100 dollars par mois et un PIB par habitant n’atteignant même pas 600 dollars, ces flux financiers de l’étranger constituent pour une grande partie de Moldaves l’unique source d’existence.
La répartition du PIB par secteurs de l’économie montre que le secteur agricole qui représente 48% demeure le moteur principal du développement de l’économie moldave, suivi par l’industrie 28%, et les services 24%.

Sans ressources sur le plan énergétique, la Moldavie est également dépendante de fournisseurs étrangers.

Traversé par plus de 3 200 fleuves, rivières et ruisseaux permanents, avec ses 57 lacs naturels d’une surface totale d’environ 62 km² et plus de 3 000 étangs, lacs d’accumulation et réservoirs artificiels d’eau dont la surface totale dépasse les 330 km², le territoire de la Moldavie dispose de sérieux atouts qui mériteront sans doute d’être valorisés pour rendre le pays plus attractif sur le plan touristique, une fois passée la pandémie.

De quoi faire confiance à Maia Sandu dont Women e Life tient à saluer la victoire éclatante.

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