UNE « ROSE » A LA TÊTE D’UNE DES PLUS GRANDES BANQUES BRITANNIQUES

Alors que Thomas Cook doit se retourner dans sa tombe pour cause de naufrage de sa création voyage au long cours, et que Bo Jo doit traverser des nuits très agitées en raison de l’imminence grise du Brexit, Women e Life a choisi de braquer son projecteur sur une femme d’influence au Royaume Uni.

Alison Rose a en effet été nommée la semaine dernière, à la tête de la Royal Bank of Scotland (RBS). Elle sera la première femme à diriger RBS, mais aussi la première femme à diriger l’une des quatre grandes banques britanniques, les trois autres étant HSBC, Barclays et Lloyds.

Agée de 49 ans, l’ascension de Rose, mariée et mère de deux enfants constitue un événement marquant.

Entrée dans cette importante banque il y a 27 ans comme stagiaire, elle dirigeait jusque-là la filiale NatWest.

Alison Rose, qui prendra ses fonctions le 1er novembre, succède à Ross McEwan, un homme qui a largement restructuré la banque, aujourd’hui détenue en majorité par les pouvoirs publics, et prendra d’ici le printemps 2020 la direction de la National Australia Bank (NAB).

Bien que d’autres femmes comme Ana Botin à Santander, Dame Jayne-Anne Gadhia à Virgin Money, acheteuse de Northern Rock, ainsi qu’Inga Beale chez l’assureur Lloyd’s of London et Clara Furse à la Bourse de Londres, témoignent d’une féminisation à la tête du royaume des affaires britanniques, la nomination d’Alison Rose à la tête de RBS constitue un véritable évènement encourageant.

Il est intéressant de savoir que Rose s’est efforcée d’améliorer les perspectives des femmes dans les entreprises en dirigeant une étude éponyme commandée par le Trésor britannique sur les obstacles rencontrés par les femmes entrepreneurs.

Elle est également intervenue à Downing Street, le mois dernier, pour  que les banques augmentent le financement des femmes propriétaires d’entreprise.

Onze ans après le « too big to fail » et des centaines d’années d’histoire bancaire, cette femme a brisé le plafond de verre de grandes banques britanniques et, par extension, celui de la City et des entreprises britanniques.

Rose Alison se retrouve à la tête d’une banque qui compte 67 000 employés et gère une base d’actifs de 694 milliards de livres sterling ainsi que des marques leaders telles que NatWest et Coutts.

Sa banque est le plus grand fournisseur de services bancaires, financiers et de gestion du risque aux entreprises et aux clients commerciaux britanniques.

Mais sa nomination intervient à un moment particulièrement critique. La nouvelle directrice générale devra notamment gérer l’impact économique du Brexit et l’intensification de la compétition sur le marché britannique des prêts immobiliers.

Quoi qu’il en soit, elle a qualifié cette nomination “d’immense honneur”, avant d’ajouter “ Nous commençons un nouveau chapitre pour cette banque”.

Elle est consciente de l’ampleur des défis à relever, entre incertitudes économiques et politiques persistantes en passant par les changements de comportements et d’attentes des consommateurs, déclenchée par les avancées technologiques rapides.

Outre les taux d’intérêt au plus bas, les banques traditionnelles comme RBS, l’une des plus anciennes en Grande-Bretagne, font face à une concurrence accrue des banques en ligne.

Au cours de sa vaste restructuration post-crise financière, RBS s’est largement dégagée des activités de banque d’investissement, qui représentent désormais moins de 10% de son chiffre d’affaires.
Avec Lloyd’s, c’est donc l’une des institutions financières britanniques les plus vulnérables au Brexit car très dépendante de l’économie du Royaume-Uni.

Mais comme l’humour britannique transcrit « made in France » se doit de prévaloir, gageons que la présence d’une « Rose » à la tête d’une des plus importantes banques britanniques, envoie un signal fort dont les Sujets de sa Gracieuse Majesté devraient sentir le parfum.

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