ALEXANDRIA OCASIO-CORTEZ : THE VOICE OF AN AMERICAN GREEN NEW DEAL


Cette chronique qui suit celle relative au dernier rapport de l’OCDE sur les risques liés au recul de la biosphère n’arrive pas par hasard.
Et c’est sans aucun doute en voyant et en écoutant Alexandria Ocasio-Cortez via une séquence vidéo diffusée sur CNN, que vous comprendrez qu’une lame de fond écologique pourrait finir par faire entendre raison à la politique jusqu’ici menée aux Etats-Unis.

A 29 ans, cette politicienne démocrate américaine surnommée « AOC », a été élue le 6 novembre 2018 représentante du 14ᵉ district de New York à la Chambre des représentants des États-Unis devenant ainsi la plus jeune représentante jamais élue au Congrès américain.

Ses préoccupations ne se limitent pas seulement à l’environnement, cette dernière faisant entre autres valoir que les Américains doivent pouvoir bénéficier d’un système de santé universel et d’universités publiques gratuites.

Concernant son plan environnemental, elle n’a pas hésité à créer un choc en proposant d’ imposer à 70% les revenus annuels au-dessus de 10 millions de dollars.
Une orientation appuyée notamment par le prix Nobel de l’économie Paul Krugman.

Pendant ce temps, sur le Vieux continent, à trois semaines des élections européennes, le projet européen de La République en marche s’inspire de la lettre aux Européens d’Emmanuel Macron, avec l’ambition de répondre tant à “l’urgence climatique” qu’au désir de “justice sociale”.

Selon des révélations du JDD, la transformation de l’Europe en “puissance verte” voulue par LaRem prévoit la fin des voitures à essence et diesel d’ici à 2040, une taxation du kérosène sur les vols à l’intérieur de l’UE et un plan d’investissement de 1.000 milliards d’euros d’ici à 2024 en faveur de la transition écologique.
Dans sa lettre de mars, Emmanuel Macron prônait également la création d’une “banque européenne du climat” pour financer la transition écologique.
Mais pour le moment, le feu vert tarde à s’afficher !

Aussi est-il intéressant de revenir sur le Green New Deal dont Alexandria Ocasio-Cortez fait son cheval de bataille aux Etats-Unis.
Un projet qui fait écho au New Deal de Franklin Roosevelt de 1933 pour sortir les Etats-Unis de la Grande Dépression.

Soutenu par de nombreuses organisations non gouvernemental, le Green New Deal est le nom donné à un vaste plan d’investissement dans les énergies décarbonnées visant à stopper le réchauffement climatique, tout en promouvant la justice sociale.
Faut-il pour autant voir dans le projet d’Emmanuel Macron et celui d’Alexandria Ocasio-Cortez une convergence de vue ?

Car dans un pays où Donald Trump, président climatosceptique a dénoncé l’Accord de Paris, la détermination dont fait preuve  Alexandria  ne  signifie pas que la course est gagnée d’avance. Bien qu’Elon Munsk puisse compter parmi ses supporters sur fond de Tesla filant au tout électrique, les derniers bons résultats de l’économie américaine en matière d’activités et de créations d’emplois notamment, tendent à semer le doute sur l’effet d’entrainement d’un courant vert.

Consciente que son pays qui figure au deuxième rang des plus grands pollueurs de la planète, ne peut résoudre à lui seul les problèmes rencontrés, c’est un New Green deal international qu’appelle de ses voeux AOC.
Tout  d’abord en reconnaissant que pour faire face à la crise climatique, le maintien des combustibles fossiles dans le sol ne peut suffire.

D’où sa récente déclaration empreinte de bon sens : « Nous aurons également besoin de percées scientifiques majeures pour développer des sources d’énergie renouvelables, adapter les infrastructures existantes, désintoxiquer nos océans et décarboniser l’atmosphère. Et d’ajouter:  » Aucun pays à lui seul ne peut financer la recherche et le développement nécessaires pour relever ces défis. »

Pendant des siècles, nombre de pays développés ont pillé les ressources naturelles du monde entier et les ont polluées. Par voie de conséquence, les pays les moins développés ont été doublement dépossédés: d’une part, de leur richesse en ressources, et, d’autre part, de leur droit à une vie durable – et, dans le cas de nombreux petits États insulaires en développement, de leur droit même d’exister.

C’est pourquoi, seul un New Green Deal à dimension planétaire, permettrait de redistribuer les ressources afin de réhabiliter les régions surexploitées, d’assurer la protection contre l’élévation du niveau de la mer et de garantir un niveau de vie décent à tous les réfugiés climatiques.

La législatrice de gauche a branché son Green New Deal sur l’éducation en prônant des initiatives telles que l’enseignement postsecondaire gratuit.

Et c’est là que Women e-life estime fondé de reprendre l’idée émise dés 2005 par Patrick Gorgeon, alors rédacteur en chef de la webradio webtv indépendante AWI.
Baptisé « HER » ce projet qui a été présenté à plusieurs reprises à divers instances avant d’être soumis dans la cadre du grand débat, vise  à associer sur une même plateforme dédiée aux énergies renouvelables: information du public, démonstration des possibilités offertes en termes d’utilisation des énergies renouvelables, centre de R&D, formation des jeunes aux métiers d’avenir.
Un projet resté jusqu’ici lettre morte.

Aux Etats-Unis, bien que les Républicains se montrent davantage enclins à une augmentation de la taxe carbone – une piste qui taraude également le pouvoir actuel en France – cette dernière n’a pas obtenu outre-Atlantique l’adhésion nécessaire. Pourtant cette taxe avait bien pour objectif de financer le développement des énergies renouvelables.

Alors que l’élection présidentielle américaine aura lieu en 2020, on doit néanmoins se réjouir que les partisans du New Green Deal soient parvenus à imposer le climat comme thématique importante de la prochaine campagne, sachant qu’en 2016, ce thème était quasiment absent des débats.

En France, peut-être faudrait-il qu’une jeune femme du même acabit qu’Alexandria Ocasio-Cortez se hisse dans l’univers politique et sache faire valoir à force de solides arguments pour promouvoir un véritable projet de société teinté de vert qui offre des perspectives encourageantes et suscite l’adhésion du plus grand nombre.

La séquence vidéo (CNN) consultable ci-dessous permet de voir et d’entendre Alexandria Ocasio-Cortez lors de son intervention au cours d’une réunion du Comité des services financiers de la Chambre des représentants américains.

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