MACHISME AU ROYAUME DES GAFA EN SILICON VALLEY

La Silicon Valley où vivent 3 millions de personnes fait figure de plateforme miraculeuse et futuriste. Mais en dépit de la présence de quelque 6.000 entreprises accrocs aux technologies de pointe qui emploient le best of en matière de compétences humaines, cette dernière n’a pas pour autant toutes les qualités qu’on serait tenté à distance de lui accorder.

Sans nier l’influence que ce pôle des hautes technologies situé dans la partie sud de la région de la baie de San Francisco en Californie, peut avoir dans l’émergence d’espaces du même acabit dans d’autres régions du globe soucieuses de rivaliser d’ingéniosité, certains témoignages liés aux conditions de travail et plus particulièrement aux inégalités entre les hommes et les femmes ternissent l’image quelque peu idyllique du royaume des GAFA.

Emily Chang , journaliste américaine et animatrice de l’émission télévisée américaine Bloomberg Technology,  auteur d’un livre intitulé  « Brotopia « apporte en effet un éclairage assez saisissant sur la Silicon Valley et son mode fonctionnement.

Considérée comme une utopie moderne où chacun peut changer le monde ou suivre ses propres règles, elle  dénonce le  machiste qui règne au coeur de cette  Silicon Valley qui fait rêver.

Tout tend en effet à démontrer que les femmes se heurtent comme dans bien d’autres endroits à plus de difficultés que les hommes pour obtenir une véritable reconnaissance, être respectées mais aussi épaulées financièrement dans leurs projets.

Preuve en est apportée à travers un chiffre significatif, les entreprises dirigées par des femmes n’obtenant que 2% du financement de capital de risque.

Contradictoire pour une industrie d’avenir qui veut que sur fond de méritocratie tout le monde puisse réussir.

Mais là où l’affaire prend un tour curieux, c’est lorsqu’on apprend selon quelle méthode sont sélectionnés les candidats . A quoi reconnaît on les bons programmateurs informatiques ?  Au fait qu’ils n’aiment  pas les gens . Et c’est là que le sexisme entre en scène, les hommes étant considérés davantage dotés de cette « qualité » requise que les femmes.
D’où l’entrée dans l’univers Brotopia , les femmes se trouvant reléguées à des tâches subalternes. De plus, elles sont selon Emily Chang confrontées à des agressions sexistes ainsi qu’au harcèlement sexuel.

Interrogée au sujet du sexisme constaté à Wall Street, Emily Chang souligne que le déséquilibre entre les sexes est beaucoup plus important dans la Silicon Valley, où les femmes occupent 25% des emplois alors que dans les milieux financiers la proportion est généralement 50/50 en termes de représentation.

En dehors des précisions relatives aux soirées tendancieuses visiblement répandues et autres comportements déplacés de certains hommes qui ont le chic de mettre les femmes dans des situations pénibles voire scabreuses, force est de constater une dynamique de pouvoir totalement déséquilibrée.
Pourtant, au départ des fondateurs de leaders des GAFA ont cherché à embaucher et promouvoir les femmes au sein de leur entreprise à l’instar de Google. Mais très rapidement, ce qui semblait prendre la bonne  direction s’est  trouvé mis à l’index en raison d’un besoin de recrutements de plus en plus en plus important et rapide.

Et force est de constater que la Silicon Valley a été la première à avoir le courage de se mobiliser et à se manifester pour aider les femmes sur fond de #metoo.

Emily Chang souligne que l’industrie a aussi un gros problème de rétention – les femmes étant deux fois plus susceptibles d’abandonner la technologie que les hommes – Une  situation qui serait due à la domination des  hommes et à l’absence d’une  culture  inclusive. Bien qu’une prise de conscience apparaisse chez de nombreux hommes, beaucoup reste à faire.

A la question : « Nos produits high tech seraient ils meilleurs si les femmes avaient étaient plus impliquées dans au royaume des technologies de pointe, Emily Chang apporte une réponse qui s’appuie sur le témoignage de Evan Williams, co-fondateur de Twitter.
Ce dernier estime que si les femmes avaient été dans l’équipe Twitter, le harcèlement en ligne  notamment ne serait pas un problème.  Selon lui les  hommes qui ont été amenés à concevoir ce réseau social n’ont tout simplement pas imaginé que Twitter pourrait  être utilisé pour envoyer des menaces de mort par exemple. D’une façon générale, il considère que si davantage de femmes avaient été associées au développement de ces outils fabuleux, le porno ne serait pas si omniprésent et les jeux vidéo ne seraient pas si violents.

L’occasion de rappeler qu’en France un projet de loi contre les outrages sexistes et le harcèlement sexuel assorti de sanctions, sera présenté mercredi par Marlène Schiappa,Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée de l’ Égalité entre les femmes et les hommes.

 

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